19 Mai 2020 à 18h36 - 54

Covid-19 : les indépendants susceptibles de débloquer leur PER

L’effet de la crise du Covid-19 se répercute sur les produis d’épargne, en particulier sur ceux dont la composition inclut des produits commercialisés sur le marché actions. Les souscripteurs souhaitent débloquer leur épargne en cette période de crise où le pouvoir d’achat diminue en raison du ralentissement de l’économie et du blocage de certaines activités. Qu’en est-il de la possibilité de déverrouiller le Plan d’épargne retraite PER pour les indépendants ?

Rappelons que le PER qui est un nouveau produit d’épargne propulsé depuis le 1er octobre 2019 par les assureurs vient remplacer les anciens contrats, dont le Madelin qui est celui destiné aux travailleurs non-salariés. Cette épargne est logée dans le PER individuel pour les indépendants ayant souscrit à ce nouveau produit.

Les TNS en effet ne sont pas couverts comme les salariés en cas de crise menaçant leur activité. Bruno Le Maire vient alors d’autoriser le retrait de tout ou partie de l’épargne constituée par les indépendants afin de subvenir à leurs besoins pendant cette période de crise économique et sanitaire. Ces derniers pourront aussi débloquer leur ancien contrat Madelin s’ils ne l’ont pas encore transféré dans leur PER individuel.

Monnaie, Financement, De Trésorerie

Rappelons que le déblocage du PER et du Madelin n’est permis que dans des situations particulières dites d’exception et ce, préalablement définies par la loi. Il en existe 5 pour le Madelin : le décès du conjoint, l’invalidité, la liquidation judiciaire entraînant l’arrêt de son activité, le surendettement et la cessation de la perception aux allocations de chômage (pour le salarié). Pour le PER, une sixième option s’ajoute à ces cinq conditions : l’achat de sa résidence principale. Aujourd’hui, la crise étant considérée comme étant un cas de force majeure, le capital des indépendants pourra alors faire l’objet d’un retrait anticipé suite à ladite décision.

Rappelons également que la sortie en capital n’est autorisée que lorsque le souscripteur aura atteint l’âge de départ à la retraite. Il pourra en effet opter pour 3 solutions : la sortie 100% en capital, la sortie 100% en rentes ou les 2 combinées.

Pourtant, le PER tout comme le Madelin n’est pas un contrat d’assurance-vie mais un produit destiné exclusivement à préparer la retraite du souscripteur. Si le capital est débloqué et que le contrat est racheté dans sa totalité, la retraite du TNS risque d’être compromise. Il vaut donc mieux n’effectuer qu’un rachat partiel dans la mesure du possible, d’autant que la sortie en capital est théoriquement fiscalisée et qu’une somme élevée pourrait donner lieu au paiement d’impôts conséquents.

À noter par ailleurs que le PER est un produit investi en actions. Ainsi, avec la crise économique actuelle, la valeur de ces dernières pourrait chuter de manière significative. Il serait alors prudent de conserver le PER sur le long terme dans la mesure du possible afin d’attendre la remontée de la valeur des actions, c’est-à-dire une fois la situation économique redressée et revenue à la normale.

Rappelons que le PER doit être souscrit en anticipation des vieux jours de l’épargnant. Pour l’indépendant, il est alimenté par ses versements volontaires. Certes, celui-ci ne jouit pas des versements d’un quelconque employeur ou des cotisations obligatoires de ce dernier, à la différence des salariés. Il est donc dans l’obligation de garantir lui-même sa retraite, d’autant plus qu’ils ne bénéficient pas de la retraite de base versée par l’État. En effet, ils ne participent pas aux cotisations destinées à alimenter la caisse de retraite pour les seniors de plus de 60 ans.

Les indépendants réaliseront de préférence une simulation avant tout retrait, tout en anticipant l’effort d’épargne à planifier au cours des prochaines années. Cette simulation est également indispensable au moment de la phase de constitution du capital afin que les versements soient optimisés.

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